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Theatre : D.A.F. marquis de Sade

Par Laurent Schteiner, le 28 décembre 2012 — Ciné 13 théâtre, Marquis de Sade, Nicolas Briançon, Pierre-Alain Leleu, Sade, théâtre — 3 minutes de lecture

D.A.F.

Marquis de Sade

De Pierre-Alain LELEU
Mise en scène : Nicolas Briançon

                                   Avec

                            Sade : Pierre-Alain LELEU
                                La Femme : Dany VERISSIMO
                                Le Prêtre : Michel DUSSURAT
                              Lossinote : Jacques BRUNET
       

 Après le succès de Volpone au Théâtre de la Madeleine, Pierre-Alain Leleu et Nicolas Briançon vous proposent de découvrir l’étonnante modernité de Sade au Ciné 13 Théâtre à partir du 9 janvier 2013.

 

Nicolas Briançon a mis en scène la pièce D.A.F Marquis de Sade, écrite et interprétée par Pierre-Alain Leleu, qui nous replace en 1784. Après six ans de prison à Vincennes, le marquis de Sade est transféré à la Bastille. Il se retrouve confronté à un coquin de geôlier, Lossinote, dont la vue seule lui rappelle le royaume de Lilliput dans lequel il est contraint d’évoluer. Notre prisonnier, toujours très fier de sa caste, ne peut du reste pas supporter d’être régenté par un homme sans nom, sans éducation, et provoque, avec toute la mauvaise foi qui le caractérise, des accrochages à répétition. La première des liberté étant la liberté de tout dire, de tout imaginer, Sade s’invente une présence féminine, mélange contradictoire de fantasmes, de vertus, de perversions, de réalités historiques et de fictions romanesques, image du bouillonnement intérieur de notre homme. Moitié Justine, moitié Juliette, cette apparition lui permettra d’alléger ses peines en prison et d’exprimer ses idées. Provocation ? Sincérité ? Les contradictions et le génie du Marquis de Sade nous tiennent en haleine.

 

Provocation ? Sincérité ? Réelle perversion ou volonté de choquer le bourgeois ? D’où vient dette impression constante que Sade lui-même ne se prend pas tout à fait au sérieux ?

Comme si sa folie, son délire érotique, (comme l’antisémitisme de Céline, comme la misanthropie de Léautaud, comme les fureurs d’Antonin Artaud) était un exutoire à ses angoisses, à sa solitude, à sa lucidité. J’entends en permanence, mais peut-être est-ce parce je ne suis pas un « Sadien » convaincu, un recul, un humour, une distance entre l’homme Sade et ses écrits. Et j’aime cette distance, j’aime ce recul et cet humour. Ce qui reste, ce qui frappe, c’est la solitude de cet homme. Ses angoisses et ses peurs. Son désespoir et son incroyable intelligence. C’est tout cela que j’ai retrouvé dans l’adaptation de Pierre-Alain Leleu.  Et c’est cela que je voudrais montrer : Non pas une glorification du sadisme, mais la solitude d’un être. Son anarchisme désenchanté, sa liberté et son intelligence. Ses angoisses, et ses peurs. Au risque de provoquer un peu, je dirai que c’est le petit garçon Sade, qui passe son temps à casser ses propres jouets, qui m’intéresse. C’est lui qui m’apparaît au travers de ses délires. Le choc d’un homme qui ne comprend pas le monde, avec un monde qui le rejette et le juge.

Nicolas Briançon

 

Au Ciné 13 Théâtre, à partir du 9 janvier 21 h 30

Le Dimanche à 17 h 30, Relâche : lundi-mardi

CINE 13 THEATRE, 1 avenue Junot 75018 Paris

Réservations :  http://www.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Theatre-contemporain-D-A-F–MARQUIS-DE-SADE-C13MS.htm

www.dafmarquisdesade.fr

 

Crédit : Fabien Dumas

 

 
 

Laurent Schteiner