Articles

Evénement : Je suis le vent de Jon Fosse

Par Laurent Schteiner, le 5 octobre 2014 — alexandre zeff, camille de sablet, jon fosse, le suis le vent — 3 minutes de lecture

Cette pièce de Jon Fosse sera prochainement à l’affiche du Théâtre de Vanves du 13 au 16 octobre prochain. Cette pièce prend toutes les allures d’un événement en soi par le soin particulier apporté à la mise en scène. A cet effet Alexandre Zeff en décryptant cette oeuvre de Jon Fosse s’est attaché à présenter sa création avec sous-texte et sur-texte. Un événement à ne pas manquer !

 Jon Fosse invente la douceur du tragique dans une communication universelle avec les éléments. Cette part de soi unique qui se révèle en se perdant. Il écoute les fleuves sous la terre, la circulation des eaux ensevelies mais toujours remuantes, comme il écouterait, la nuit, le battement de son sang d’où jaillit son écriture.
Ecouter « Des sons et des âmes. » nous confie-t-il. « Des sons et des âmes qui, ensemble composent à un niveau supérieur la musique et l’âme de l’écriture.
Chaque texte a sa musique, son âme. Et ces sons doivent être prononcés, sans que l’on sache nécessairement quelle en est la nature. Ils doivent être dits, comme une vérité. »
Dans son théâtre, il ne faut pas seulement chercher un sous-texte mais aussi et surtout un sur-texte. Tandis que le sous-texte cherche l’explication, le sur-texte
cherche la compréhension. Comme si le sur-texte inondait le sous-texte de sa lumière. 

vent

Ainsi, le défi qu’il nous lance est immense… « Faire entendre la voix de l’écriture. Une voix qui parle en se taisant ». Une voix qui vient de tout ce qui n’est pas dit,
une voix qui vient du silence et qui devient audible par moments à travers ce que disent les acteurs.
Il s’agit de faire chanter la parole de cette voix muette grâce à l’expérience théâtrale. Cette expérience nous l’appellerons plus précisément : l’immersion théâtrale.
Pour la faire exister, il nous faut donc inventer un dispositif qui permette aux spectateurs de plonger dans une aventure poétique nouvelle, afin qu’éclate cette voix qui n’est ni la voix de l’auteur ni celle du metteur en scène, c’est la voix magique de la nature humaine : La voix du miracle et de la grâce.

Jon Fosse a la haine du théâtre.
Mais il ne s’agit pas pour lui de l’interdire ou de le brûler mais plutôt de le sauver !
Tout ce qu’écrit Fosse semble obéir à un seul impératif : Aller. Aller vers l’épure.
Non pas pour éliminer mais pour approcher une limite où le retournement devient possible, où l’obscurité devient lumière.

Un endroit de tous les possibles. Une Zone libre. (Alexandre Zeff)

avec Camille de Sablet et Thomas Durand

Bande annonce : http://vimeo.com/107374463

Laurent Schteiner