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Evénement : Le roi Lear de Wu Hsing Kuo au Théâtre du Soleil

Par Laurent Schteiner, le 16 septembre 2014 — le roi lear, Shakespeare, theatre du soleil, wu Hsing-kuo — 3 minutes de lecture

Un événement artistique majeur se déroulera les 26, 27 et 28 septembre prochains au Théâtre du Soleil. Afin de fêter les 50 ans du Théâtre du Soleil, Wu Hsing-Kuo nous donnera 3 représentations exceptionnelles du Roi Lear interprétées en solo. Cet immense artiste dont le talent consiste à marier l’opéra chinois et la tradition théâtrale classique s’attache à nous présenter cette fois un spectacle hors normes. Parrainé par l’Ambassade de Taïwan et à la demande d’Ariane Mnouchkine, cette pièce constituera l’événement fort de cette rentrée au Théâtre du Soleil.

 Ce spectacle qui ressemble à aucun autre est interprété à la manière de l’opéra de Pékin. Françoise Quillet, responsable de la Formation Arts du spectacle à l’Université de Franche-Comté a récemment publié chez L’Harmattan une série d’entretiens avec Wu Hsing-Kuo. « Ces entretiens rapportés dans cet ouvrage sont le témoignage vivant d’une aventure théâtrale unique dans laquelle s’établit la fusion du théâtre chinois et du théâtre occidental à travers l’adaptation de pièces shakespeariennes, de tragédies grecques, du théâtre de Beckett et de l’œuvre de Tchékhov. Il répond à la double problématique  d’être fidèle à la forme artistique de l’opéra de Pékin et de vouloir être le moteur du renouvellement de ses formes.« 

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On peut retracer la genèse de Wu Hsing-Kuo par sa présentation  :

« Wu Hsing-Kuo, vous êtes le Roi Lear !’ me lança le grand metteur en scène Yukio Ninagawa après avoir vu au Japon en 1993 mon spectacle Le Royaume du désir, une adaptation du Macbeth de Shakespeare. Il me suggéra d’interpréter ce personnage, mais à cette époque je me sentais trop jeune pour jouer le rôle d’un vieil homme de 80 ans. Il me dit que si j’attendais d’être plus âgé, je n’aurais sans doute plus l’énergie  suffisante pour jouer le Roi Lear. Dix ans plus tard, je pris conscience qu’il s’agissait d’une tâche particulièrement difficile, surtout lorsque je décidais de faire de la pièce un solo. Lear est un homme à la fois fou et furieux. J’eus besoin d’une énergie immense pour incarner son orgueil et sa versatilité. En 1998, Ariane Mnouchkine  assista à la représentation du Royaume du désir au festival d’Avignon et m’invita en 2000 à venir en France encadrer un stage et jouer au théâtre de l’Odéon. A cette époque, j’avais choisi de suspendre les activités de ma compagnie, le Contemporary Legend Theatre , faute de budget et d’acteurs talentueux. Je me sentais alors comme le Roi Lear. J’avais perdu ma compagnie et errais seul en France, souffrant d’exil. Juste après avoir joué mon adaptation du Roi Lear à Paris, Ariane Mnouchkine m’empoigna par les épaules et me lança : Hsing-Kuo, si tu ne remontes pas sur les planches, je te tue ! »

En incorporant toutes les formes d’art, Wu Hsing-Kuo nous emmène au-delà du rêve, à la croisée des opéras chinois et occidental. Cet aboutissement est une véritable réussite. Quoi de plus beau de célébrer les 50 premières années du Théâtre du Soleil par ce magnifique spectacle les 26, 27 et 28 septembre 2014.

Laurent Schteiner

Théâtre du Soleil
Cartoucherie de Vincennes – 75012 Paris
www.theatre-du-soleil.fr

 

Laurent Schteiner