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Festival du Théâtre 13 : "Hot House" d'Harold Pinter

Par Laurent Schteiner, le 29 juin 2015 — Harold Pinter, hot house, loic renard, Théâtre 13 — 2 minutes de lecture

Dans le cadre du Prix du Théâtre 13, Loïc Renard nous a récemment présenté « Hot House » d’Harold Pinter. Cette pièce de jeunesse de Pinter s’avère être une comédie sur une société dominée par la paranoïa et l’aliénation du pouvoir. Le traitement de Loïc Renard de cette pièce singulière est précis et rigoureux en respectant les codes propres à Pinter.

« Big Brother » est parmi nous. Les micros sont partout. Les dirigeants d’une maison de repos s’agitent au son des rumeurs qui gouvernent ce petit monde délirant et paranoïaque. On retrouve la qualité d’écriture de Pinter avec notamment ses silences, ses apartés sur la météo. Cette pièce, assise sur une confrontation de deux générations, sert les ambitions d’une poignée d’hiérarques. Les individus ne sont plus appelés désormais par leurs noms mais pas leurs numéros. Caractérisés par les abus en tout genre, l’alcoolisme ou encore une impéritie totale, les personnages de cette pièce évoluent dans un système de sauvegarde du pouvoir. Ces deux visions s’affrontent pour le pouvoir. L’une reposant sur un ordre politique historique et préétabli et l’autre résultant d’un opportunisme pragmatique et froid.

affiche T13
La scénographie est délimitée à une aire bien précise dans laquelle les luttes de pouvoirs s’affrontent. En dehors de ce périmètre, se développent les à-côtés de la pièce avec des personnages davantage dans la nuance et dans la complexité de leurs rapports. Ces deux aires fonctionnent de manière alternative grâce à l’utilisation de clair-obscur. Les comédiens font preuve de rigueur dans leur jeu mettant en valeur le propos d’une pièce du grand dramaturge britannique toujours complexe à mettre en scène.

Laurent Schteiner

Hot House d’Harold Pinter
Mise en scène Loïc Renard
Avec Etienne Durot Tubb / Lobb, Basile Lacoeuilhe Lush, Jean-Christophe Legendre Roote, Antoine Reinartz Gibbs, Loïc Renard Lamb, Anaïs Thomas Cutts
L’Arche est agent théâtral du texte représenté.
Traduction et adaptation  : Loïc Renard,
Costumes : Camille Aït Allouache
Production Compagnie Cipango.

Laurent Schteiner