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Festival Off d'Avignon : Les entichés de retour avec 2 spectacles dans le Off !

Par Audrey Jean, le 4 juillet 2016 — Grand Pavois, j appelle mes freres, Les Entichés, Off Avignon — 3 minutes de lecture

Coup d’envoi du festival Off d’Avignon 2016 cette semaine et déjà nous avons plusieurs spectacles à vous recommander ! A commencer par cette mise en scène de Mélanie Charvy « J’appelle mes frères » programmée au Théâtre du Grand Pavois. Ce spectacle de la compagnie Les Entichés, pièce du suédois Jonas Hassen Khemiri, installe immédiatement un crescendo musclé, une tension permanente qui résonne cruellement avec l’atmosphère ambiante. Un de nos coup de cœur à ne pas manquer !

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Une explosion. Panique. Un acte terroriste. Amor, citoyen de cette ville blessée, a du mal à faire face. Peut-être a-t-il aussi du mal à choisir un camp ? Peut-être a-t-on du mal à définir son camp … Entre suspicion, schizophrénie et détresse post traumatique, portrait fragmenté d’un monde désespéré.

« J’appelle mes frères et je dis : non personne n’a été arrêté. Personne n’est suspecté. Pas encore.
J’appelle mes frères et je dis : préparez-vous. Ca va commencer. »

C’est une équipe fougueuse et militante qui investit le plateau, dotée d’un texte coup de poing qui frappe au ventre d’autant plus fort qu’il colle malheureusement terriblement à l’actualité. Il poisse même ce texte, nous colle au siège et met mal à l’aise tant il sonne vrai. Les mots du suédois Jonas Hassen Kherimi sont pourtant simples et la langue ne distille pas de violence gratuite. Mais la réalité est suffisamment noire et la parole de cet auteur se montre d’une redoutable efficacité pour décrire ce trouble, cet abîme dans lequel s’effondre la société sous la terreur. Au terme d’une dramaturgie éclatée le spectateur reconstitue en même temps qu’Amor le puzzle complexe de cette journée placée sous le signe de l’horreur. La réalité de l’attentat. C’est là tout le brio de ce texte audacieux, positionner le public à l’égal du personnage principal tour à tour ordinaire citoyen et suspect potentiel, subir avec lui les pressions, être solidaire de ses émotions. On vit tout à travers ce prisme malaisant. La mise en scène de Mélanie Charvy restitue subtilement cet état cotonneux, entre fiction et réalité, et prolonge l’effet avec l’utilisation de la vidéo. Héritier d’une partition délicate, Aurélien Pawloff s’illustre dans cette création par la précision de son jeu, à l’instar du trouble Amor il nous transmet une palette d’émotions extrêmement nuancée de bout en bout. La troupe est par ailleurs constituée de nouveaux talents très prometteurs, signalons que la jeune compagnie a déjà fait ses preuves au festival l’an dernier et ils présentent par ailleurs en alternance un deuxième spectacle « Provisoire(s) » .

Audrey Jean

« J’appelle mes frères » de Jonas Hassen Khemiri
Mise en scène de Mélanie Charvy

Avec Aurélien Pawloff, Paul-Antoine Veillon, Yasmine Boujjat et Millie Duyé

Théâtre du Grand Pavois, les jours pairs à 17H10
« Provisoir(s) » les jours impairs à 17H

Le texte est publié aux éditions Théâtrales
Traduction Marianne Ségol-Samoy

Audrey Jean