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Gertrud de Hjalmar Söderberg au Théâtre Monfort !

Par Laurent Schteiner, le 1 décembre 2014 — gertrud, Hjalmar Sôderberg, jean-pierre baro, theatre montfort — 3 minutes de lecture

Le Théâtre Monfort poursuit sa programmation originale en nous proposant cette fois Gertrud, une pièce d’Hjamar Söderberg. Ce chef-d’œuvre de la littérature scandinave, a été ici réadapté, en créant une forme d’intemporalité marquant ainsi toute sa modernité.

Cette œuvre, écrite en 1906 et fondée sur la quête de l’amour absolu dans la société bourgeoise de la fin du XIXe siècle de Gertrud, une jeune cantatrice , trouve toute son acuité transposée à notre époque. La mise en scène originale de Jean-Pierre Baro confère à l’ensemble du propos un rythme alerte. Les trouvailles de mise en scène sont nombreuses et respectent un canevas précis que d’aucun n’hésiterait pas à qualifier de rigueur tchékhovienne. Jean-Pierre Baro mélange les genres, les musiques, les costumes, les effets techniques, le tout appuyé par une belle machinerie scénographique.

GERTRUD -

Jean-Pierre Baro met en exergue le conflit du corps et de l’esprit qui précipitera le destin tragique de Gertrud. Rejetant toute forme de compromis, sa rencontre avec trois hommes ambitieux assoiffés de reconnaissance sociale se soldera par un échec patent.

GERTRUD -

Dans cette quête d’amour effréné, Cécile Coustillac, qui interprète, Gertrud est touchante, sensuelle et étonnante de naturel. La variation de ces sentiments nous frappe quand elle tend à la démesure de son désir. Un désir immédiat qui s’affirme avec force. Face aux obstacles rencontrés, elle renoncera à ses idéaux. Sa tragédie soulignée par une musique omniprésente sonne le glas de ses enjeux si vitaux pour elle. Un très beau spectacle !

Gabriel  : Ma vie est en lambeaux

Gertrud : Ta vie, en lambeaux ? Tu as réussi ce que tu voulais réussir.

Gabriel : Ce qu’on a eu n’est rien. Ce qu’on a perdu est tout. C’est toujours ainsi, toujours. Il faut choisir. Et cahque fois on gagne et on perd quelque chose. Et toujours, toujours on s’aperçoit que ce qu’on a perdu était ce à quoi on tenait le plus. Toujours, toujours.

Laurent Schteiner
 
Gertrud de Hjalmar Söderberg
mise en scène de Jean-Pierre Baro
Avec Cécile Coustillac, Jacques Allaire, Elios Noël, Tonin Palazzotto, Michèle Simonnet
Lumière : Bruno Brinas
Scénographie : Mathieu Lorry Dupuy
Son : Loïc Le Roux
Costumes : Magali Murbach
Théâtre Monfort
106 rue Brancion
75015 Paris
www.lemonfort.fr
 

Laurent Schteiner