Articles

Howard Barker et le théâtre de la catastrophe

Par Laurent Schteiner, le 25 mars 2012 — 3 minutes de lecture

Howard Barker, le maître du théâtre de la Catastrophe nous revient dans un ouvrage collectif sur son thème de prédilection. La catastrophe-désastre se définit par la projection d’une catastrophe pire que la première.

 

Elle nie toute « sortie positive ». Cette dramatisation porte davantage sur le texte et son aspect scénique que sur la représentation d’un fait horrible qui impliquerait une interprétation positive, morale ou religieuse voire politique du drame en question. La catastrophe souligne le caractère parabolique formel des choses en rejetant le sens, la fonction morale ou politique de la parabole.

 

Un aspect de la philosophie théâtrale de Barker tient à la qualité picturale de son art. L’idée consiste à  repousser la fusion du texte et de l’image qui caractérise toute représentation théâtrale. Il revendique davantage la notion « iconotexte » où la vision d’un tableau n’est rendue que par des mots. Ainsi une image silencieuse se donne grâce au discours des personnages ou à la description de la scène.

 

La voix est au cœur du processus de création de la pièce. La tessiture de la voix, plus que les inflexions, qui la composent apporte un écot déterminant aux pièces de Barker. « Parce qu’on essaye de dégrader le langage, la voix de l’acteur est instrument de révolte » affirme l’auteur dans « quarante neuf apartés pour un théâtre tragique ». Même si elle se revendique d’une certaine dramaturgie, dépouillée de toute intentionnalité, son œuvre se révèle purement contestataire. Elle a pour objet de susciter des actions ou réactions par l’usage de la voix.

 

Le seul et unique crédo d’Howard Barker tient au fait que ce que nous vivons n’est rien de ce qu’il en semble à première vue. Les pièces ne se donnent pas à nous facilement tant la signifiance qui s’en dégage, se refuse à nous. Le choc généré par les émotions exacerbe un silence qui traduit notre désarroi. Le désir, archétype ambivalent, capable du pire comme du meilleur contribue à ce que vivre veut dire, point d’orgue d’une démarche artistique reconnue par l’auteur. « Une parole désirante et révulsée ».

 

 

Laurent Schteiner

 

 

 

Howard Barker et le théâtre de la Catastrophe

 

Ouvrage collectif coordonné par Elizabeth Angel-Perez,

 

Avec le concours de Robin Holmes

 

19,50 €

 

ISBN : 2-84260-218-8

 

 

 

Editions Théâtrales

 

20 rue Voltaire

 

93100 Montreuil

 

www.editionstheatrales.fr

 

Laurent Schteiner