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Hubert au miroir

Par Laurent Schteiner, le 21 août 2012 — Editions Théâtrales — 3 minutes de lecture

Les jeux de miroirs et les jeux de reflets constituent les prismes par lesquels Dominique Richard aborde le passage de l’enfance à l’adolescence avec beaucoup de sensibilité et de finesse. Cet ouvrage s’avère à bien des égards émouvant et constitue le point de départ d’une réflexion personnelle qui nous replonge dans certaines de nos turpitudes de l’enfance.  Les doutes, qui nous assaillent sur le chemin de notre identité, sont décrits avec une grande précision et témoignent du mystère qui entoure notre personnalité au fil de notre vie.

 

Hubert est fasciné par son image qu’il observe avec attention dans les miroirs. Il vit entre son père et son petit frère. Sa mère n’est plus. Ce manque se caractérise par le soin qu’il apporte à sa personne en développant un narcissisme qui lui permet d’évoluer. Mais cette attitude constitue également un frein à son évolution. Ses repères (un entraîneur de foot et un professeur fantaisiste), fruits de son imagination ou projections masculines le poussent à grandir et à abandonner son ancienne construction. Cette évolution en profondeur s’accompagne également d’une transformation physique.

 

Mais on ne grandit pas comme cela aussi facilement. Notre mue ne va pas sans tiraillement ni douleur. Abandonner ce qu’on était pour être un autre en intégrant notre part d’enfance, tel est le passage obligé qui cimente le socle de notre vie.  

« Je voudrais grandir, mais tout conserver avec moi, tout retenir…Je me sens emporté ailleurs, et j’oublie. »

« Je m’aime bien et je m’insupporte, je m’observe et ne me reconnais plus, je me cherche et je ne rencontre que du vide. »

 

Cette transformation a le goût de la mort, laissant derrière lui une traîne de souvenirs liés à sa mère et à son enfance. Grandir, c’est aussi mourir quelque part. L’enfance se contente de résolutions d’énigmes en tout genre. C’est le côté rassurant. Mais grandir, c’est aussi apprendre à admettre qu’on ne peut pas tout résoudre. Accepter ces limites constitue le moyen de quitter l’enfance.

« Le professeur : de temps en temps on croit deviner, d’autres fois, non. Les plus beaux mystères ne sont pas toujours ceux qu’on croit déchiffrer. Ils nous font rêver un instant, mais demeurent des secrets, comme toi, mon petit…Tu as trop grandi, tu ne sais plus résoudre les énigmes. »

 

Encore une fois, l’auteur sait nous émouvoir sur une part de nous-mêmes et déclencher des émotions qui nous font du bien !

 

Laurent Schteiner

 

Hubert au miroir de Dominique Richard

7 €

ISBN : 978-2-84260-269-7

 

Éditions Théâtrales Jeunesse

20 rue Voltaire

93100 Montreuil

www.editionstheatrales.fr

www.tjeu.fr

 

 
 
 

Laurent Schteiner