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Les beaux jours d'Aranjuez

Par Laurent Schteiner, le 25 septembre 2012 — odéon — 2 minutes de lecture

Luc Bondy, nouveau directeur du Théâtre de l’Odéon, ouvre la saison avec Les beaux jours d’Aranjuez, une pièce de son ami Peter Handke. Ils nous offrent une partition à quatre mains interprétée par des duettistes de génie : Dörte Lyssewski et Jens Harzer. Un texte puissant, des comédiens grandioses : un moment magique qui nous transporte bien au-delà du théatre.

 

Au commencement étaient un homme et une femme. Un jardin, comme un paradis perdu. Et une question « ta première fois, toi avec un homme ? ». S’amorce alors un tendre face à face entre l’homme et la femme. Ils se connaissent puisqu’ils se racontent.  Ils sont là mais suspendus hors du temps, sans savoir ce qui les unit dans un jeu de vérité dont on ignore les règles. Ils sont au cœur du monde qui vibre autour d’eux (on distingue le mumure des cigales, l’envol d’un milan, le bruissement des feuilles) mais tout à la fois en dehors.

Ces personnages, Luc Bondy, les installe, derrière un rideau de théâtre, dans une coulisse du réel et la Nature devient représentation picturale. Derrière le rideau, on ne joue plus, on se révèle  et on ressuscite des souvenirs oubliés : des histoires d’amour et de désamour. Le dialogue prend alors les allures d’une étreinte complice. A la fin, le rideau s’ouvre doucement sur un ciel étoilé et la vérité appparaît alors : « il n’y a pas d’amour heureux ». Ironie de l’histoire, cette phrase, comme une sentence est scandée par la femme, qui se prénomme Soledad, ça ne s’invente pas.

 

Sabrina Amghar

 

Les beaux jours d’Aranjuez / Die schönen Tage von Aranjuez de Peter Handke

Mise en scène Luc Bondy

avec Dörte Lyssewski, Jens Harzer

scénographie Amina Handke
costumes Eva Desseker
lumières Dominique Bruguière
son David Müllner
dramaturgie Klaus Missbach

Photo © : Ruth Walz

Théâtre de l’Odéon

 

Laurent Schteiner