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Les Cancans

Par Audrey Jean, le 4 mai 2012 — 3 minutes de lecture

Le Théâtre 13 clôture sa saison avec une comédie cruelle de Carlo Goldoni « Les Cancans ». Entraînant le spectateur dans le charme truculent de l’Italie des années 50, la troupe donne un joyeux coup de fouet à ce classique et le rend ainsi totalement contemporain.


Beppo et Checchina s’aiment et ils vont se marier. Jusque là tout est simple. C’était sans compter les ragots de leur entourage, ces fameux cancans qui pourrissent tout et filent à toute allure dans les ruelles vénitiennes. Très vite, Checchina n’est plus la fille de son père mais une simple bâtarde que Beppo ne peut donc plus épouser. S’ensuit une série de quiproquos plus rocambolesques les uns que les autres jusqu’à l’explosion finale de la vérité.


Au delà de l’apparente légèreté de la situation se trame, comme souvent dans la programmation du Théâtre 13, un vrai questionnement humaniste. Qu’est-ce qui pousse les ragoteuses à médire sans arrêt sur la naïve Checchina ? On se rend évidemment compte de la précarité du statut d’être « bien comme il faut » et à quel point ce qu’on prend pour acquis est en réalité fragile. En quelques murmures, l’héroïne passe de jeune fiancée enviée de tous à moins que rien, uniquement en raison de la jalousie des autres.


En choisissant de transposer la pièce dans l’Italie des années 50, Stéphane Cottin accentue la cruauté de cette comédie de caractères. Les façades colorées, les costumes chatoyants, cette atmosphère de dolce vita s’opposent farouchement aux terribles affronts que subissent les jeunes amoureux, renforçant ainsi la férocité des médisances.

Une scénographie astucieuse permet d’illustrer aisément les nombreux lieux de l’action. Trois panneaux mobiles se croisent et se décroisent, déplacés à vue par les comédiens, rythmant de cette façon l’évolution des cancans. L’utilisation de ces façades fait un écho ingénieux à la notion de paraître omniprésente dans la pièce.

L’équipe de comédiens mène avec énergie ce spectacle. On apprécie particulièrement Stéphane Olivié Bisson pour sa prestation décalée et hilarante, ainsi qu’Emmanuel Curtil pour ses multiples personnages interprétés avec brio. Encore un spectacle de grande qualité à découvrir au Théâtre 13 !

Audrey Jean


« Les Cancans » de Carlo Goldoni
Mise en scène de Stéphane Cottin

Avec : Aurélie Bargème, Adèle Bernier, Emmanuel Curtil, Laure Guillem, Jean-François Guillet, Marine Lecoq, Michel Lagueyrie, Marie-Christine Letort, Jean-Pierre Malignon, Clément Moreau, Stéphane Olivié Bisson et Stéphanie Vicat

Crédits Photos : Bruno Perroud

Du 1er Mai au 10 Juin 2012
Le Mardi, Jeudi et Samedi à 19H30
Le Mercredi et le Vendredi à 20H30 et le Dimanche à 15H30

Théâtre 13/ Jardin

103A Boulevard Auguste Blanqui
75013 Paris

www.theatre13.com

 
 

Audrey Jean