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On ne badine pas avec l'amour

Par Audrey Jean, le 15 mai 2012 — 3 minutes de lecture

Après un beau succès l’an dernier au Vieux-Colombier, « On ne badine pas avec l’amour » mis en scène par Yves Beaunesne revient à la Comédie Française, cette fois dans la salle du théâtre éphémère. Ce classique du romantisme est ici simplement modernisé au travers des costumes et d’un magnifique décor, et surtout sublimé par une distribution exemplaire.


Camille et Perdican sont cousins et se retrouvent après dix ans de séparation. Le baron, père de Perdican, nourrit depuis toujours l’espoir de les marier. Mais leurs retrouvailles ne donnent pas lieu aux effusions souhaitées. Camille a fait le vœu de rentrer au couvent alors que Perdican est un jeune homme fougueux et ardent. Il tente de la rendre jalouse en séduisant Rosette, paysanne et sœur de lait de Camille.

« Perdican : Quand on est sur le bord de la tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit : J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. » 


Dans une mise en scène sobre, Yves Beaunesne met en exergue le drame qui se joue derrière l’apparente légèreté de la pièce. Le décor sombre aux volumes impressionnants permet au spectateur de ressentir d’autant plus l’ampleur du désespoir d’amour dans lequel Perdican, Camille et Rosette sont plongées. Un drap tendu abrite un couloir discret au fond du plateau permettant aux adultes d’observer le manège étourdissant auquel se livre les plus jeunes. On assiste ainsi à deux jeux d’acteurs, deux générations de comédiens en parallèle qui nous prouvent aisément que la Comédie Française sait allier classicisme et modernité. 

La distribution à elle seule suffit amplement à rendre  la pièce inoubliable. Loïc Corbery nous tient en haleine d’un bout à l’autre du spectacle tant il est tour à tour séduisant, drôle et intense. Dernières arrivées dans l’équipe, Marion Malenfant et Françoise Gillard sont elles aussi bouleversantes et pleines de grâce. Les « anciens » ne sont pas en reste puisque Roland Bertin nous offre un baron plus vrai que nature, Pierre Vial et Christian Blanc se livrent à une guerre des plus délicieuses. Enfin Danièle Lebrun marque son retour à la Comédie Française avec ce rôle de dame Pluche qui lui sied à merveille.

Quel bonheur de voir évoluer ces comédiens hors-pairs !

Audrey Jean


« On ne badine pas avec l’amour » d’Alfred de Musset

Mise en scène Yves Beaunesne

Avec : Roland Bertin, Pierre Vial, Christian Blanc, Françoise Gillard, Loïc Corbery, Danièle Lebrun et Marion Malenfant

Du 9 Mai au 17 Juin

Théâtre éphémère de la Comédie française

Place Colette, Paris 1er

Location 0825 10 1680

 
 
 
 
 
 
 

Audrey Jean