Théâtre

Prix du Théâtre 13 : Les vagues, l'Aurore de Virginia Woolf

Par Laurent Schteiner, le 25 juin 2014 — Prix du theatre 13 — 2 minutes de lecture

Le Cinquième spectacle s’est ouvert sur un très beau texte de Virginia Woolf, Les Vagues. Retraçant l’Aurore ou l’enfance, Joséphine de Surmont nous propose une fort belle adaptation de cette œuvre riche et complexe en faisant preuve d’une rare inventivité procurant une mise en scène nourrie et séduisante. Ce texte, qu’elle a su rendre léger et séduisant, témoigne d’une belle prise de risques dans le cadre de ce Prix.

Les monologues intérieurs empreints de poésie nous transportent au sein d’une petite communauté de six jeunes adolescents qui se trouvent à l’aube de la fin des classes. La perspective des vacances les galvanisent tous. Ils expriment chacun à leur manière les émotions qui les traversent. Ils partagent avec nous ces moments de pure beauté. Conçue comme une œuvre expérimentale, Virginia Woolf voulait faire également de ce roman un lieu de narration pour chacun de ces personnages. Elle a ainsi proposé une œuvre où les sauts associatifs, éclairent nettement le concept d’individualité.

Affiche concours T13

Joséphine de Surmont a su exprimer et mettre en valeur, avec une belle intelligence, ces concepts de conscience qui se démarquent du monologue dramatique classique. Elle a su éviter les écueils de ce texte en insufflant un rythme effréné et en utilisant un parachute blanc en guise de lien entre les monologues et les  descriptions poétiques.

De cette œuvre dense et riche, Joséphine de Surmont en a extrait la quintessence en proposant, dans un format court, de magnifiques images grâce aux multiples déclinaisons de ce parachute déployé. Ce spectacle en explorant la douceur de l’enfance nous propose là un théâtre différent où la poésie se mêle habilement à la condition existentielle de l’homme. Très beau !

Laurent Schteiner
 
Les vagues, l’Aurore de Virginia Woolf
Mise en scène de Joséphine de Surmont
Avec Sarah Calcine, Angèle Colas, Nicolas Gaspar, Jean Philippe Marie, Clotilde Maurin, Jonathan Salmon, Joséphine de Surmont
Traduction : Marguerite Yourcenar
Scénographie et costumes : Joséphine de Surmont
Lumières : Stéphane Deschamps
Assistanat :  Sarah Glond
Théâtre 13

Laurent Schteiner