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Saison roumaine à la Maison d'Europe et d'Orient le 14 mars : Compte à rebours

Par Laurent Schteiner, le 12 mars 2013 — Compte à rebours, Maison d’Europe et d'Orient, Mirella Patureau, Saviana Stănescu, Valérie Antonijevich — 3 minutes de lecture

Compte à rebours de Saviana Stănescu
Théâtre / Chantier
mise en espace Valérie Antonijevich et
scénographie James Brandily
 Zozo est une jeune femme qui erre de train en train. Elle crée des ballons/enfants en série. Autour d’elle : un contrôleur violeur, un père fossoyeur, une mère pleureuse aux enterrements, un mari infanticide.
 traduit du roumain par Mirella Patureau et publié aux éditions l’Espace d’un instant
 Avec Yves Buchin, Laurène Cure, Evelyne Roulier et Frédéric Jeannot
Collectif Maquis’arts et Cie en Transhumance à la MEO

Compte à rebours est un règlement de comptes. C’est une bombe qui nous éclate à la gueule. D’ailleurs, quand on tient le texte entre ses mains, on ne sait pas trop comment le prendre ; comme un enfant nouveau-né avec une tronche de tête de mort.
 Comptes a rebours
 
Chape de plomb des dictatures
 Saviana Stănescu est sans pitié ; elle trempe sa plume dans un jus acide aux effluves dadaïstes pour faire voler en éclats un système patriarcal et phallocrate brutal qui avilit la femme et la réduit au rôle de génitrice. La dictature noire des Ceausescu – représentés ici par un couple de fossoyeur pleureuse mégalomanes, ancrés dans une tradition morbide – s’emploie de son côté à éliminer toute autre forme de création, en particulier artistique.
 Le mauvais traitement que Saviana Stănescu s’amuse à infliger à ses personnages est un écho rageur à ceux qu’ils infligent à son héroïne, Zozo, figure emblématique de jeunes femmes et d’artistes sacrifiées.
 Avec la complicité des mères
L’obsession de Zozo de devenir mère, et ce depuis son plus jeune âge, répond à la culpabilité ou à la peur de chaque femme de ne vouloir ou ne pouvoir pas l’être. La femme, digne descendante d’Eve se doit d’être épouse (bonne), mère (bonne), et gardienne du foyer.
 Etapes d’une folie annoncée
Zozo, privée dès l’enfance d’une possibilité d’un devenir de femme et d’artiste, échoue dans le seul rôle qui lui soit alloué par la société et bascule du côté de la folie. Cette marginalisation est un fragile expédient à la férocité et à la tyrannie d’un monde dit normal.
 
Plein tarif : 10 €
Tarif réduit : 5 €
Tarif abonnés : 3 €
Informations et réservations au 01 40 24 00 55 à la Maison d’Europe et d’Orient

Laurent Schteiner