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Théâtre : Cine in corpore

Par Laurent Schteiner, le 26 novembre 2013 — cine in corpore, etoile du nord — 2 minutes de lecture

Création hybride conçue par Guillaume Clayssen, Cine in corpore est un hommage vibrant au 7ème Art. Mêlant archétypes cinématographiques et séquences inoubliables, ce spectacle nous entraîne dans l’abîme d’une mémoire refoulée.

 INTERIEUR-NUIT – Séquence 1. Une scène nue. Un narrateur accompagné d’un musicien. Dans cette atmosphère surréaliste : l’histoire du cinématographe nous est contée.  La boîte théâtrale se fait l’écho des premières images projetées, celles des frères Lumière. Étrange et menaçante étrangeté de cette curieuse machine, à l’image de cette locomotive fonçant sur les spectateurs, filmée par les Lumière. Des génies sortent de leur boîte : ils ne sont pas encore personnages mais mouvements, gestes chorégraphiés. Au rythme de la bobine, la gestuelle devient ballet.

Ciné in Corpore

 Si la première partie est alourdie par le propos intellectualisant, la seconde vient raviver des sensations enfouies; et nous voilà plongés dans un bain d’émotion. Le message est clair : les expériences cinématographiques ponctuent nos vies d’interrogations, d’exclamations et de suspensions…

Ciné in Corpore

Des interviews par écrans interposés, des séquences filmiques revues sous le prisme du souvenir, des corps féminins mouvants et émouvants, des voix d’acteurs et des répliques cultes jaillissent : il s’agit d’une « pièce montée » bien orchestré que nous offre la Compagnie les Attentifs.  En une prise, les comédiens ont convaincu par la qualité de leur jeu et leur énergie à toute épreuve.  Des longueurs certes, des redondances dans le propos, mais reste une impression indéfinissable qui rappelle ce fascinant moment lorsque le générique s’arrête et la salle obscure se rallume.

 

Sabrina Amghar

 

Cine in corpore 

conception Guillaume Clayssen

Avec Laura Clauzel, Viktoria Kozlova, Vincent Brunol, Mathias Robinet-Sapin, Julien Crépin

© Virginie Puyraimond

Du Vendredi 22 novembre 2013 au samedi 7 décembre 2013

Théâtre de l’Etoile du Nord
rue Georgette Agutte 75018 Paris

Laurent Schteiner