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Théâtre : Découvrez de nouvelles capsules au Ciné 13 !

Par Audrey Jean, le 27 mai 2015 — Benjamin Bellecour, Ciné 13, Formes courtes, Mise en capsules — 4 minutes de lecture

Nouvelle soirée dans l’enceinte du Ciné 13 et une bien belle occasion donc de vous parler un peu plus en détail de quelques capsules qui ont attiré notre attention. Attention Il vous reste encore une dizaine de jours pour découvrir ce trépidant festival et vous confronter à sa foisonnante créativité !

Cpasules

Un baiser s’il vous plait
Emmanuel Mouret signe ici une comédie romantique théâtrale dont la particularité est d’entremêler deux récits, deux histoires d’amour attendrissantes servies par 4 comédiens de talent. Dans cette intrigue à tiroirs narrateurs et acteurs se mélangent sans fin au profit d’une rocambolesque amitié amoureuse. Cette capsule est entre autres l’occasion pour le public de découvrir Romain Lancry et Camille Bardery sur les planches tous deux s’illustrant en ce moment dans des formats courts à la télévision. L’ensemble est tellement bien ficelé que le spectateur reste quelque peu sur sa fin, souhaitant voir un peu plus longtemps encore ces personnages se démener dans les affres de la séduction.

Discorde
Discorde est une nouvelle preuve s’il en fallait de la précision et de l’aboutissement du travail sur certaines de ces formes courtes. Alexandre Markoff nous offre une capsule délicieusement surréaliste où l’on assiste amusé à la projection d’un chœur antique dans notre société contemporaine. Comment pourrait-on représenter scéniquement le « vivre ensemble » au sein d’un groupe de travail composé de 12 personnes ? Tiraillés entre leurs aspirations individuelles, la volonté de s’exprimer et la gestion chaotique du groupe, les membres de ce chœur tentent en vain de s’accorder. On assiste ici avant tout à un remarquable travail technique sur la choralité, les comédiens font preuve d’un sens du rythme impeccable, maitrisant le tempo délicat de cette partition à la perfection.

Je descends souvent dans ton cœur
Flore Grimaud et Lou Chauvain forment dans cette capsule mise en scène par Benjamin Guedj, un duo mère-fille sensible et délicat. Une mère secrétaire, légère et un peu fantasque que sa fille Perle regarde comme une diva. Une starlette de province, un peu désuète, un peu cagole mais pour Perle c’est une merveille, un bijou, un trésor. C’est le premier amour, le plus pur, le plus beau, un amour inconditionnel mais en face la maladie vient tout emporter. Le cancer la ronge la starlette et Perle apprend à dire aurevoir. Benjamin Guedj dessine un joli écrin scénographique pour cette capsule toute en douceur qui laisse éclore la fraîcheur bouleversante de Lou Chauvain. Flore Grimaud en plus de signer le texte livre également une prestation sobre et très nuancée.

Le déni d’Anna
Portrait acide d’une famille face au cancer et au deuil. Sous une forme séquencée Isabelle Jeanbrau fragmente l’histoire de cette cellule familiale marquée par la perte de la mère. Dans ces moments difficiles il faut pourtant faire face aux besoins du quotidien, se nourrir, régler les formalités, faire bonne figure pour les enfants. C’est tout l’enjeu de cette capsule, un enjeu matérialisé et concentré autour du père interprété par Benjamin Egner. Il organise tout et essaie tant bien que mal de communiquer avec son entourage. Des années plus tard pourtant les non-dits auront marqué les esprits. Isabelle Jeanbrau choisit ici d’aborder ce sujet délicat avec beaucoup d’humour, distillé notamment par les performances de Benjamin Egner, Matthias Guallarano et Karine Huguenin. L’utilisation de la musique live finalise une mise en scène soignée, on regrettera simplement que cet axe humoristique maintienne quelque peu le spectateur à distance de l’émotion.

Audrey Jean

Festival Mises en Capsules
Jusqu’au 6 Juin

Programme complet sur le site
http://www.misesencapsules.com

Ciné 13 Théâtre 
1 avenue Junot
75018 Paris

Audrey Jean