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Théâtre : Festival Mises en Capsules en ce moment au Ciné 13

Par Audrey Jean, le 26 mai 2015 — Benjamin Bellecour, Ciné 13, Formes courtes, Mises en capsules — 4 minutes de lecture

Déjà un peu plus d’une semaine que le Festival Mises en capsules bat son plein au Ciné 13 Théâtre. Véritable vivier de créativité la programmation de cette 9 ème édition se compose de 16 formes courtes que l’équipe du ciné 13 vous propose de découvrir en plusieurs soirées toujours placées sous le signe de la diversité. Retour sur quelques capsules qui nous ont particulièrement enthousiasmés !

Cpasules

Duce
La soirée de samedi dernier commençait sur les chapeaux de roues avec une création explosive et fantasque sur le dictateur Mussolini. Prenant la forme d’un cabaret déjanté, le spectacle retrace la vie du Duce jusqu’à l’entrée en guerre de l’Italie en 1939. Matthieu Perret et Marc Riso signent ici un texte truculent, parfaitement distribué et qui comporte plusieurs niveaux de lecture. En effet la farce est délicieuse, le rythme trépidant mais le propos de fond, dénonciateur et mal-aisant, est lui aussi bien présent. Quand à la mise en scène elle est ici extrêmement précise, jonglant entre des tableaux chorégraphiés et l’utilisation de la vidéo, soignant particulièrement les détails pour un univers foisonnant et jubilatoire. Définitivement un très gros coup de cœur pour cette capsule étonnante !

Hervé
Seul en scène, Johann Cuny interprète avec brio Hervé, un adolescent au bord de la pendaison. La raison : la pression folle de la page blanche à la veille d’un concours de poésie. Oui, à 15 ans les enjeux sont importants. Hervé n’y va pas de main morte ce concours c’est la vie ou la mort. Adolescent mal dans sa peau, brimé par certains camarades de classe, Hervé veut frapper un grand coup et marquer les esprits de son talent. Sa chambre d’ado devient alors le terrain d’une divaguation hilarante où le jeune Hervé se met en scène dans une émission de télé sur son propre suicide à venir. Entre les invocations des maîtres à penser, les camarades moqueurs et les déclarations d’amour à sa prof de français, l’on a surtout la primeur de découvrir ici un comédien passionnant. Là encore la précision de cette capsule est à souligner, que ce soit dans la mise en scène signée conjointement Adrienne Ollé et Johann Cuny, ou au niveau de la qualité des vidéos projetées.

Les listes
Dans un registre plus poétique « Les listes » offre un texte énigmatique et nous propose la traversée d’un futur étrange, un futur où les hommes soucieux de laisser libre court à leur fibre artistique en oublieraient les besoins primaires. Ainsi le fermier deviendrait poète, le boucher peintre et plus personne ne serait disponible pour subvenir aux nécessités d’autrui. L’art suffirait dans les esprits mais au fil des jours les vivres viennent à manquer. La beauté du geste, cette sublime envie de ne se consacrer qu’à son art prend alors la forme angoissante et pragmatique d’une liste, celle des vivres restantes, des vivres qui s’épuisent inexorablement jusqu’à la fin. Gregory Baquet, Stéphane Valensi et Christope Grundmann s’illustrent dans ce très beau texte signé Julio Wallovits. Au fil d’un jeu millimétré les trois comédiens marquent le tempo séquencé de cette parabole, utopie filante d’un monde bercé par l’art, et nous renvoient à notre propre rapport à la créativité.

Audrey Jean

Festival Mises en Capsules
Jusqu’au 6 Juin

Programme complet sur le site
http://www.misesencapsules.com

Ciné 13 Théâtre 
1 avenue Junot
75018 Paris

Audrey Jean