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Théâtre : Hot House de Harold Pinter

Par Laurent Schteiner, le 20 décembre 2013 — Harold Pinter, hot house, Lucernaire — 2 minutes de lecture

De Harold Pinter, on ne connait que les pièces « classiques ». Et c’est un vrai bonheur de découvrir parmi ses pièces de jeunesse « Hot House » au Lucernaire. Dans cette  pièce écrite en 1958, on ressent toute la fougue et la virulence de cet auteur hors-normes.  Brisant les codes « pinterien », Valery Forestier nous présente un spectacle étonnant basé sur une performance de comédiens qui donne un cachet particulier à cette œuvre.

L’histoire pourrait se résumer par la dénonciation d’une certaine déliquescence de notre société. L’action se déroule dans un établissement pour handicapés mentaux. Un établissement, reflet d’une société où tout est numéroté et catégorisé.  C’est dans ce contexte que vont évoluer patients, membres du personnel et dirigeants de cet établissement.  Les comédiens jouent les patients et le personnel de l’établissement. Très rapidement, les spectateurs s’aperçoivent que les fous ne sont ceux que l’on imagine de prime abord.

Hot House

Articulée autour d’une scénographie astucieuse, une grande boite blanche aux portes coulissantes, cette pièce affirme d’entrée de jeu son caractère original. Tranchant avec une prolixité assumée et une vitesse de débit élevée, les déplacements sont a contrario très lents. Ce décalage apporte un élément humoristique supplémentaire au propos de la pièce. L’humour, qu’il soit cynique, caustique ou noir est présent tout au long de la pièce. Les personnages se couvrent de ridicule dans cette histoire où Pinter caricature à l’extrême son propos.

Les comédiens sont tous excellents et réalisent ici une belle performance. Un beau travail pour un spectacle réussi !

« …Aujourd’hui, jour de Noël, la neige s’est changée en boue… Le matricule 6457 est mort, et le 6459 vient d’accoucher d’un fils…cela n’était jamais arrivé. L’institution est en danger… »

 

Laurent Schteiner

 

Hot House d’Harold Pinter

Mise en scène de Valery Forestier

Avec Fanny Decoust, Benjamin Bernard et Grégory Corre

Jusqu’au 11 janvier 2014 à 21h00

Lucernaire
53 rue ND des champs
75006 Paris
Resa : 01 45 44 57 34
www.lucernaire.fr

Laurent Schteiner