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Théâtre : Huis clos

Par Audrey Jean, le 15 septembre 2014 — Huis-clos, Joce Franrenet, Laurette théâtre, Sartre — 2 minutes de lecture

La compagnie boss’kapok fait souffler un vent délicieusement irrévérencieux sur le questionnement existentialiste de Sartre avec une adaptation quasi-farcesque de « Huis clos » actuellement à l’affiche du Laurette Théâtre. Une occasion de redécouvrir ce texte sous un jour plus dynamisant !

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Trois personnages se retrouvent enfermés dans une antichambre angoissante pour l’éternité. Qu’ont-ils en commun pour devoir expier leurs fautes ensemble ? Sans aucun doute leur méchanceté sans égale à l’égard de leurs contemporains sur Terre. La punition est à la hauteur de la faute, chacun sera le bourreau de ses comparses d’infortune ; chaque mesquinerie, chaque raillerie le renvoyant un peu plus à sa propre souffrance. Un cercle vicieux et éternel, l’enfer c’est les autres bien sur.

Joyce Franrenet s’attache ici à redonner à ce classique de Sartre sa vocation première de comédie, certes acerbe et impertinente, mais surtout drolatique. Les personnages sont ainsi caricaturés, leurs caractères exacerbés à l’instar du valet inquiétant, gardien de l’enfer qui installe immédiatement une atmosphère lugubre par sa seule présence mutique. L’ensemble est bien rythmé laissant place à des échanges savoureux entre ces anti-héros à la frontière du pathétique. On regrettera cependant le systématisme des changements de lumière, la mise en scène aurait gagné en puissance avec plus de simplicité. La petite salle du Laurette sied en tous les cas parfaitement à l’univers sartrien, la promiscuité avec les comédiens renvoyant le spectateur à sa condition d’homme face aux problématiques de Huis clos. L’adaptation n’est donc pas uniquement une version jubilatoire et décomplexée de ce texte, ses fondements restent présents et continuent d’interpeller. La troupe de comédiens s’amuse follement à rendre ses personnages détestables, leur enthousiasme est contagieux et l’on rit avec eux de bon cœur des errances du genre humain. Saluons toutefois les performances de Zack Naranjo effrayant au possible et Joyce Franrenet qui interprète sans trop d’excès le personnage d’Inès. Une jeune équipe attachante à découvrir jusqu’au 7 Novembre ! 

Audrey Jean

« Huis Clos’ de Jean-Paul Sartre 

Mise en scène de Joyce Franrenet assistée de Charlotte Forest 

Avec Joyce Franrenet, Maud Vincent, Zack Naranjo et Jean-Baptiste Alfonsi 

Jusqu’au 7 Novembre
le Vendredi à 21H30

Laurette Théâtre 

36 Rue Bichat
75010 Paris

 

Audrey Jean