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Théâtre : Lancelot, le chevalier de Merlin

Par Audrey Jean, le 17 janvier 2014 — Cie Teknaï, Gaëtan Peau, Lancelot, Quentin Defalt, Théâtre 13 — 3 minutes de lecture

Le Théâtre 13 Jardin nous propose de nous plonger dans les aventures des Chevaliers de la Table Ronde avec la reprise du spectacle « Lancelot, le chevalier de Merlin » mis en scène par Quentin Defalt. Portée par une magnifique scénographie et des interprètes de qualité la pièce s’est endurcie et a résolument gagné en maturité pour un résultat très convaincant !

Lancelot_-_Duel_2©_Philippe_Rocher

Pour satisfaire son désir d’enfant la fée Vivianne enlève Lancelot à ses parents et l’élève près du lac dans le but ultime d’en faire un illustre chevalier. En secret Merlin le grand magicien veille sur la destinée du jeune homme aux multiples talents prometteurs. Adoubé par le roi Arthur, Lancelot voit pourtant sa vie basculer lorsqu’il croise le regard de la belle Guenièvre. Cette violente passion pour la reine réveille en lui un tempérament de feu. En dépit des risques encourus il n’aura de cesse de lui prouver sa valeur, provoquant malgré lui bon nombre de malheurs.

Dans la construction de son intrigue Gaëtan Peau opère un croisement ingénieux entre le texte de Chrétien de Troyes « Lancelot le chevalier de la charrette » et celui de Geoffroy de Monmouth « La vie de Merlin » permettant ainsi un rapprochement de ces deux personnages cultes de la chevalerie et une vision plus profonde que le simple côté romanesque. Les deux personnages avancent en parallèle dans ce récit, explorant les limites de leurs pouvoirs respectifs. Merlin malgré toute sa magie ne parviendra pas à sauver Lancelot de son arrogance et de son égo démesuré ; alors que pour ce dernier l’incroyable force physique et le courage ne suffiront pas à séduire le cœur d’une reine . En faisant de Lancelot le jouet, la création de l’obscur Merlin, Gaëtan Peau confère à son texte une dimension plus mystérieuse, plus noire qui trouve un écho particulièrement judicieux avec la scénographie et le travail sur l’atmosphère . Si l’on regrette l’utilisation systématique d’une douche de lumière pour effectuer les changements de scènes, le procédé perdant un peu de sa puissance esthétique à force de répétitions, le clair-obscur permanent et la bande sonore suffiront à transporter le spectateur dans une épopée guerrière fascinante. Ajouté à cela des effets spéciaux surprenants, des combats d’épée impressionnants de réalisme, et la magie opère. La distribution est sans conteste à la  hauteur du projet. Saluons les prestations de Victorien Robert et Simon-Pierre Boireau pour leurs interprétations chevaleresques, ainsi qu’Aymeric Lecerf pour son rôle de Méléagant et Boris Ravaine pour le roi Arthur. Un très beau travail à découvrir jusqu’au 23 Février !

Audrey Jean

« Lancelot, le chevalier de Merlin » texte de Gaëtan Pau d’après Chrétien de Troyes et Geoffroy de Monmouth

Mise en scène Quentin Defalt

Avec : Julie André, Simon-Pierre Boireau, Xavier Catteau, Juliette Coulon ou Leïla Guérémy, Romain Duquesne, Jean-Patrick Gauthier, Aymeric Lecerf, Gaëtan Peau, Boris Ravaine et Victorien Robert

Jusqu’au 23 Février

Mardi, jeudi et samedi à 19H30
Mercredi et vendredi à 20H30
Dimanche à 15H30

Théâtre 13 Jardin

103 A Boulevard Auguste Blanqui
75013 Paris

Audrey Jean