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Theatre : Le malade imaginaire

Par Laurent Schteiner, le 31 janvier 2013 — classique, Comédie Française, malade imaginaire, Moliere, salle richelieu — 3 minutes de lecture

La reprise du malade imaginaire de Molière dans la nouvelle salle Richelieu de la Comédie Française ravit les fans de cette merveilleuse pièce. Joué avec un rythme très intéressant, ce spectacle passionne par l’appréhension de l’auteur sur sa propre maladie et de son obsession de la mort. Choisissant de traiter ce sujet sur la fin de sa vie, Molière nous fait rire tout en laissant filtrer les affres de son angoisse personnelle. Un « Molière » ne se voit pas, il se déguste !

 

Argan, abusé par une cour de médecins mécréants et ignorants, est entouré de sa femme Béline intéressée  par  l’hypothétique héritage de son mari et d’un notaire véreux. Tenant à son hypocondrie comme jamais, il souhaite marier sa fille Angélique au neveu de Purgon, son médecin traitant. Celle-ci lui préfère Cléante dont elle est follement amoureuse. Risquant la vindicte paternelle et le couvent, elle brave son père en trouvant auprès de Toinette, la servante, une alliée de poids.

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Ironie du sort, Molière jouant le malade imaginaire était un vrai malade jouant un faux malade. L’inverse du scénario de cette pièce. Cette pièce est l’occasion de dérouler tout un panel de faux semblants : vrai ou faux médecin, vrai ou faux maitre de musique, vraie ou fausse maladie ou encore vraie ou fausse mort. Si l’unité de temps est quelque peu malmenée dans cette comédie, il convient de noter l’aspect crépusculaire de l’œuvre en relation directe avec le vécu de Molière.

 Cette comédie-ballet constitue l’une des farces les plus abouties de Molière. Elle a été écrite dans des conditions particulières où son auteur  affaibli par les intrigues de Lully, en disgrâce royale, et abattu par la mort de son fils et de son amie Madeleine Béjart parvient à créer cette œuvre magnifique. Les comédiens sont superbes et s’y entendent pour nous emmener dans un univers qui nous fait toujours rire !

 

Laurent Schteiner

 

Le malade imaginaire de Molière

Mise en scène de Claude Stratz

Avec

Gérard Giroudon : Argan
Catherine Sauval : Béline
Alain Lenglet : Béralde
Denis Podalydes : Monsieur Diafoirus et Monsieur Purgon
Alexandre Pavloff : Thomas Diafoirus
Guillaume Gallienne : Monsieur Bonnefoy et Monsieur Florant
Julie Sicard : Toinette
Nicolas Lormeau : Thomas Diafoirus
Gilles David : Béralde
Marion Malenfant : Angélique
Benjamin Lavernhe : Cléante

Et Irina Bla-Zahonero, Léopoldine Leblanc, Héloïse Giret, Cécile Vaubaillon (en alternance) : Louison, Nathalie Macé : Polichinelle, Camille Turlot : Polichinelle, Carole Ségura-Krémer ou Anne-Marie Jacquin : soprano, Valérie Wuillème ou Cornelia Schmid : Alto, Laurent Bourdeaux ou Christophe Grapperon ou Philippe Degaetz : Basse, Christophe Ferveur ou Vincent Lièvre-Picard : Ténor, Jorris Sauquet : Clavecin, Emmanuelles Guigues ou Marion Martineau : Viol de Gambe.

 

Décor : Ezio Toffolutti
Lumières : Jean-Philippe Roy
Musique originale : Marc-Olivier Dupin
Travail Chorégraphie : Sophie Mayer
Conception des maquillages, des perruques et des prothèses : Kuno Schlegelmilch

 

Comédie Française
Place Colette
75001 Paris
www.comedie-francaise.fr

 
 

Laurent Schteiner