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Theatre : saison roumaine avec Kichinev 1903 de Zohar Wexler du 21 mars au 23 mars à la Maison d'Europe et d'Orient

Par Laurent Schteiner, le 21 mars 2013 — kichinev 1903, l'espace d'un instant, Maison d’Europe et d'Orient, zohar Wexler — 3 minutes de lecture

Kichinev 1903 – cent dix ans plus tard, la voix du poète résonne encore.
 Les 6 et le 7 avril 1903, le dernier jour de Pessah fut aussi le jour de Pâques. Pendant ces deux jours, un pogrom s’est déchaîné dans la ville de Kichinev, en Bessarabie, tuant une cinquantaine de personnes et blessant plusieurs centaines de Juifs. Ce pogrom suscita une réaction vive dans le monde. Le poète Haïm Nahman Bialik y est envoyé par une commission pour recueillir les témoignages des victimes du pogrom. Bouleversé, il écrit le poème Dans la ville du massacre.

 C’est un cri de rage qui enjoint les Juifs à prendre leur destin en main et à défendre leur dignité d’homme. Le poème est entendu et finit par avoir un vrai impact sur l’Histoire. Il commence par une déambulation du poète dans la ville après le massacre. Nous voyons à travers ses yeux, les images de l’horreur mise à nu et la beauté de la nature ; c’est le printemps, les acacias sont en fleurs et le soleil brille. Bialik s’adresse au lecteur dans la langue des prophètes et ordonne : « Lève-toi et va dans la ville du massacre ! » Les images décrites dans le poème reviendront amplifiées, quarante ans plus tard, pendant la Shoah.
Kichinev
Nissan et Zina Wexler, les grands-parents de Zohar, sont nés à Kichinev. Ils sont partis vivre en Palestine en 1933. Ce spectacle est aussi un voyage personnel, un retour sur les lieux de l’enfance et sur les traces des grands-parents. Zohar Wexler pose la question de son identité et celle de sa place dans la grande histoire, dont le pogrom de Kichinev est le point de départ.
Le spectateur est tout d’abord convié à faire un voyage dans le temps et dans l’espace.
Zohar Wexler retrouve son histoire familiale enfouie depuis plus de cent dix ans et la raconte. Les découvertes sont inattendues. Puis les mots remplacent les images. C’est la force de la poésie : le spectateur crée lui-même le voyage dans son imaginaire.
 

  • mise en scène et jeu Zohar Wexler
  • collaboration artistique Catherine Abecassis
  • création vidéo Marie-Elise B eyne
  • création lumière Christian Pinaud et Paul Baureilles
  • scénographie Vincent Tordjman
  • costumes Cidalia Da Costa
  • son et images Dominique Lacour
  • musique Teddy Lasry
  • montage vidéo Céline Ducreux
  • maquillage Sophie Niesseron
  • administration Marion Levrard
  • crédit photo : Béatrice Logeais
  • production Cie Le Réséda

 
en Transhumance à la MEO
texte publié aux éditions l’Espace d’un instant
 
 Plein tarif : 15 €
Tarif réduit : 10 €
Tarif abonnés : 5 €
Informations et réservations au 01 40 24 00 55

Laurent Schteiner