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Théâtre : "Un petit garçon" ou la traduction d'un amour infini !

Par Laurent Schteiner, le 19 mars 2016 — elie pressmann, Théâtre de l'Essaion, un petit garçon — 2 minutes de lecture

Nous avons tous en nous une part d’enfance qui nous complète et nous guide toute notre vie. Elle nous permet tout simplement de nous construire. Elie Pressmann nous dépeint, à travers ce spectacle, mis en scène à l’Essaïon par Catherine Hubeau, cette part de lui-même qui l’a aidé à traverser la guerre avec un réalisme fulgurant.

Cette autobiographie superbement racontée à travers les yeux d’un petit garçon juif qui traverse la guerre est sensible et émouvante. Son récit est posé, descriptif et loin de tout pathos. Mais on ne s’y trompe pas, le sous-texte foisonne d’émotions. On les ressent entre les lignes. Sa famille qui se cache, éclatée laisse ce petit garçon orphelin de sa mère. Une mère, qui bien que déportée, aura réussi à sauver sa grande fille. Ce récit est un bel hommage envers cette mère courageuse dont l’absence envahissante le rongera toute sa vie. Un amour infini qui l’enveloppera toute son existence.

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Mais ce récit, au-delà de ce contenu, interroge la part de hasard qui favorise les belles rencontres et décide du sens nouveau donné à la vie de chaque individu. Antoine, un Juste, remplira un rôle paternel décisif pour ce petit garçon. L’auteur et interprète explore l’étrangeté de la vie où on ne sait jamais quel moment se charge d’une valeur particulière qui sera décisif pour toute une vie, d’un adieu ou d’un au revoir.

C’est un véritable cadeau qu’Elie Pressmann nous offre car cet artiste est peintre, un pointilliste de la vie qui, par petites touches, réalise sous nos yeux une toile magnifique. Une performance pour cet artiste de 82 ans qui nous laisse pantois d’admiration. A l’image de l’anecdocte des huit canetons qui traversent tranquillement une autoroute  sous l’oeil vigilant de leur maman canne. Ce chiffre « huit », le symbole de l’infini, fait étrangement écho à cet amour infini !

Laurent Schteiner
 
Un petit garçon de et avec Elie PRESSMANN
Mise en scène de Catherine HUBEAU
Assistée de Pauline de MEURVILLE
Lumières : Fabienne BREITMAN
Texte édité aux Editions de l’Amandier
Théâtre de l’ESSAION
6, rue Pierre-au-lard
75004 Paris
Réservations : 01 42 78 46 42
Du 10 mars au 24 avril 2016 du jeudi au samedi à 19h45
les dimanches à 18h00

 

Laurent Schteiner