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Transparence, comédie ONUsienne

Par Audrey Jean, le 2 septembre 2012 — Vingtième théâtre — 3 minutes de lecture

Le Vingtième Théâtre a orienté sa programmation vers les spectacles musicaux. Nous avions d’ailleurs eu l’occasion d’y apprécier l’année dernière le très réussi « Hôtel des roches noires ». En cette rentrée 2012 il nous propose de nouveau un spectacle magistral « Transparence, comédie ONUsienne » qui sera à l’affiche jusqu’au 7 Octobre. Une immersion passionnante dans les coulisses de l’humanitaire avec comme cible principale l’ONU, cette organisation tentaculaire à la bureaucratie extrêmement complexe !

 

Patrick Romero est un haut fonctionnaire de l’ONU qui rêve de retourner sur le terrain alors qu’il est coincé dans l’univers des salles de réunions. C’est l’Afrique qui l’appelle, le Congo précisément, là où il y a tant à faire et tant de vies à sauver. Alors lorsqu’on lui attribue un portefeuille mirobolant et la direction d’une mission il est prêt à tout pour enfin devenir un héros de l’humanitaire. Tout, même secouer un peu les hauts-décisionnaires de l’organisation et surtout choisir des moyens subversifs pour contourner les procédures interminables. Mais dans sa quête de gloire il va trop loin et l’obsession de l’ONU pour la transparence causera sa perte.

 

La pièce est tirée d’un roman de Roberto Garcia Saez qui maîtrise parfaitement son sujet pour avoir été lui-même un fonctionnaire international au sein de l’ONU. Benoît Guibert choisit dans sa mise en scène de dépeindre les aventures de Romero sous la forme du flash-back. Le point de départ : un bar de Bangkok où Romero, déchu de l’ONU après sa mission ratée revient sur ses déboires et revoit les évènements qui l’ont conduits à sa déconvenue. En plaçant l’action de la sorte, Benoît Guibert permet à l’imaginaire de son héros de se libérer et ouvre totalement le champ des possibles.

 

C’est ainsi que l’on fait connaissance, parfois en chansons, avec une multitude de personnages farfelus qui ont pris part de près ou de loin à la descente aux enfers de Romero, par exemple Carlotta sa collègue fantasque, Bonaventure l’ami d’enfance africain ou encore l’inspecteur Harrison de Scotland Yard. Sont-ils tous bien réels ou sortent-ils de l’esprit embrumé de whisky du héros ? C’est là toute la force du spectacle, l’oscillement permanent entre souvenir réel ou fantasmé, le mélange entre vraies questions de fond sur l’humanitaire et décalages cocasses. Les comédiens excellent dans leurs rôles respectifs, certains jouant avec aisance plusieurs personnages et contribuent avec dynamisme au rythme enlevé de la pièce. On décerne toutefois une mention spéciale à Hugo Horsin pour son rôle du pianiste déjanté, chacune de ses interventions est exceptionnelle.

Un intriguant spectacle musical à découvrir de toute urgence !

 

Audrey Jean

« Transparence, comédie ONUsienne » écrit et mis en scène par Benoît Guibert 
d’après le roman « ONU soit qui mal y pense » de Roberto Garcia Saez

Avec : Kader Boukhanef, Jerôme Dupleix, Hugo Horsin ou Bastian Verdina, Verena Gros, Julie Lavergne ou Mélissa Broutin, et Olivier Dote Dœvi

jusqu’au 7 Octobre 2012 
Du mercredi au samedi à 21H30 
les dimanches à 17H30

Vingtième Théâtre

7 rue des Platrières
75020 Paris

Audrey Jean