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Vu au Festival Off d'Avignon : Des Amours

Par Laurent Schteiner, le 8 août 2012 — Avignon — 2 minutes de lecture

 Huit nouvelles de Dorothy Parker sont adaptées pour la scène. Trois comédiens, un homme et deux femmes se répartissent les différents rôles. Ce spectacle à l’humour corrosif nous transporte dans l’univers mondain des Années Folles, et c’est tellement plaisant : un vrai coup de cœur !

 

Le fameux esprit acerbe de la plume de Dorothy Parker est dans ce spectacle rendu visible par le jeu délibérément très appuyé et marqué des comédiens, allant vers une volontaire caricature. La mise en scène  insiste sur les traits de caractères mesquins de certains personnages, les rendant  risibles… C’est affreusement bien joué ! Les personnages sont parfois détestables, choquants par leur goujaterie, et parfois aussi drôles, touchants parce que dans une certaine mesure on se retrouve aussi en eux. On assiste à une galerie de scènes dévoilant les travers de la bourgeoisie new-yorkaise bien-pensante, hypocrite, sûre de soi, blasée et qui aime s’enivrer.

 

Les comédiens ont le même costume malgré les différents personnages interprétés, mais se distinguent par divers accessoires, souvent changés à vue. Les scènes s’enchaînent dans un rythme endiablé, au son des musiques jazz de l’époque. La mise en scène de Cassandre Vittu de Kerraoul est d’une incroyable précision, d’une grande finesse, inventive et se repose essentiellement sur la grande qualité du jeu des trois comédiens. Pas de décor, simplement deux chaises, et avec ce presque rien on voit à quel point on peut tout faire imaginer !

 

Un spectacle absolument irrésistible, où l’on rit, où l’on savoure la noire truculence des mots de Dorothy Parker.

 

 Anna YORKA

  

D’après des nouvelles de Dorothy Parker

 

Traduction : Hélène Filliers et Benoite Groult

 

Avec : Amandine Blanquart, Marc Lamigeon et Cassandre Vittu de Kerraoul ou Niriyis Pouscoulous

 

Mise en scène : Cassandre Vittu de Kerraoul

 

Vu au Off d’Avignon  au théâtre la Luna, 1 rue Séverine 84 000 AVIGNON.

 

 

 

Laurent Schteiner