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Festival Humour et eau salée : Le billet de Denis Lecat, Directeur artistique

Par Laurent Schteiner, le 6 août 2021, mis à jour le 7 août 2021 — denis lecat, festival humour et eau salée — 4 minutes de lecture

Comme chaque année, Denis Lecat, Directeur artistique du Festival, nous délivre son billet du Festival…

Nous sommes au ¾ du Festival, peut-on tirer quelques enseignements et faire un premier bilan ?

On peut constater une certaine fatigue, une usure et puis un déchirement entre ce qui nous est demandé et notre objectif habituel qui est de rassembler les spectateurs. Malgré nous, nous sommes obligés de les séparer entre ceux qui possèdent le pass sanitaire et ceux qui ne l’ont pas, ceux qui rentrent dans la jauge et ceux qui en sont exclus lorsque nous sommes en jauge réduite.

Sur le festival, nous sommes contents même si les conditions météo ne sont pas de la partie.  Le public est au rendez-vous. Il y a de plus en plus de fidèles mais aussi de nouveaux spectateurs qui mordent à l’hameçon sans être dans un comportement de consommateurs. Attitude à laquelle je souscris.

Quelles sont les possibilités de repli en cas de mauvaises conditions météo ?

Il est toujours délicat de négocier avec les partenaires. On est toujours dépendant des autres usagés des lieux (centres de loisirs et clubs sportifs). Il est parfois difficile de convaincre la mairie. A sa décharge, elle doit composer avec toutes les activités d’une station balnéaire en plein cœur de l’été.

Les spectacles annulés reviendront l’an prochain ?

Oui ! Par exemple ,Galactic est certain de revenir l’année prochaine. Il s’agit d’une soucoupe volante, une sorte de déambulation. De plus cela rentrera dans le thème « Marionnettes et trucs bizarres » mais pas forcément ensemble.

On constate un fil rouge d’année en année certains, comme Julien Barret et Anne Mousserion. Julien Barret qui anime l’atelier Slam et Anne Mousserion qui assure les improvisations au violoncelle.

J’aime bien les collaborations, les fidélités. J’aime bien que les choses changent mais aussi ce fil rouge auquel je crois. En tant que Directeur artistique, je suis toujours à la recherche de quelque chose. Je creuse et j’expérimente et notamment avec des personnes comme Julien. On a expérimenté l’éloquence l’année dernière. Cette année, on est parti du côté du slam pour une formule un peu moins stage et un peu plus atelier libre. On voulait réaliser un concours, idée que l’on a abandonnée. Cette année la restitution est ouverte à d’autres personnes extérieures (artistes, amateurs ou professionnels). On continue à creuser le sillon comme on continuera de le faire sur l’alpinisme horizontal et le feu d’artifice.

Anne Mousserion nous a proposé une traversée des émotions. C’est quelqu’un que j’aime bien, en qui j’ai confiance et qui réalise un travail de qualité.  C’est une super violoncelliste qui est capable d’improviser d’écouter et de jouer. Beaucoup de violoncellistes classiques aiment jouer des partitions très réglées. Anne accepte une part d’aventure dans la rencontre avec le spectateur. J’espère pouvoir continuer à collaborer avec elle et inventer des choses. De son côté, elle dispose d’idées sur le sujet.

Il y a bien sûr d’autres fidélités comme Pascal Rom, Fred Tousch ou encore Emma la clown, que je n’oublie pas. Il y a des fidélités à venir comme Carla Bianchi qui, outre la qualité de sujet, dispose d’un bel humour et d’une  intelligence du plateau.

Plus on fait confiance aux artistes, plus ils sont généreux et arrivent à des formes fortes et brillantes. Le spectacle vivant n’est pas qu’éphémère ou immédiat. Il est important de penser à l’avenir qui se prépare en amont.

Propos recueillis par Laurent Schteiner

 

Laurent Schteiner

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